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Épuisement professionnel : identifier les signes discrets chez un collègue

Un article récent de Medscape France, publié le 20 juillet dernier, rappelle l'importance de savoir repérer ces signes avant-coureurs du burn-out chez les professionnels de santé et propose des…

Épuisement professionnel : identifier les signes discrets chez un collègue

Vous arrivez un matin au cabinet, et quelque chose chez votre confrère a changé. Pas grand-chose, en apparence: un silence un peu plus long avant de répondre, un café qui refroidit sur le bureau sans qu'on y touche, une fatigue dans le regard qui ne s'efface plus avec le week-end. Ce sont ces signes discrets — presque invisibles quand on est soi-même pris dans le rythme des consultations — qui peuvent être les premiers murmures d'un épuisement professionnel. Un article récent de Medscape France, publié le 20 juillet dernier, rappelle l'importance de savoir repérer ces signes avant-coureurs du burn-out chez les professionnels de santé et propose des stratégies pour soutenir ses confrères. Un sujet qui nous concerne toutes et tous, car celui qui veille sur le bien-être des autres a parfois bien du mal à veiller sur le sien.

Quand le corps parle avant les mots

Il y a cette scène que beaucoup d'entre nous ont déjà traversée, sans toujours savoir comment réagir. Un collègue qui plaisantait volontiers devient plus silencieux. Les pauses se font plus rares, ou au contraire s'allongent — comme si le retour dans la salle d'attente devenait un effort insurmontable. La ponctualité flanche. Les dossiers s'accumulent. On remarque aussi des signes dans le corps: des tensions dans les épaules qui ne relâchent plus, une voix qui perd sa fluidité, un regard qui fuit le contact.

Selon Medscape France, ces signes avant-coureurs ne sont pas toujours spectaculaires. Ce sont souvent des changements graduels, des glissements imperceptibles dans les habitudes, l'humeur ou la posture professionnelle. Et c'est précisément cette discrétion qui rend le repérage si délicat — surtout quand on évolue dans un milieu où l'on attend de chacun qu'il soit « solide » et disponible pour les autres.

Ce que je constate en cabinet, c'est qu'un praticien qui ne prend plus le temps de respirer entre deux séances, qui avale son déjeuner debout, qui dort mal la nuit… Ce n'est pas de la paresse ni un manque de professionnalisme. C'est un signal. Un appel à l'écoute — d'abord de soi, puis des autres.

Ouvrir un espace, sans chercher à réparer

Venir en aide à un confrère ne demande pas un grand discours ni une intervention spectaculaire. Souvent, c'est dans la simplicité d'un geste que tout peut basculer. Proposer un café sans agenda. Demander « Comment tu vas, vraiment? » et accepter de ne pas avoir de réponse immédiate. Créer un espace — ne serait-ce que dix minutes — où l'autre peut déposer ce qu'il porte, sans jugement ni tentative de solution rapide.

L'article de Medscape France rappelle que les stratégies de soutien entre confrères passent par cette capacité à être présent, à écouter sans chercher à « réparer ». On n'a pas besoin d'être thérapeute pour offrir une oreille attentive. Mais on a besoin de courage: celui de nommer ce que l'on perçoit, avec douceur et sans intrusion.

En sophrologie, nous travaillons souvent avec l'idée que le changement commence par un mouvement intérieur — un souffle plus profond, un ancrage dans le présent. Pour le confrère en difficulté, le simple fait de sentir qu'on l'a vu, qu'on a remarqué son malaise sans le fuir, peut être le premier pas vers un espace de respiration.

Entretenir la vigilance au quotidien

Veiller sur ses confrères n'est pas un acte héroïque. C'est une posture quotidienne, presque ordinaire — mais qui demande de la régularité et de l'authenticité. Il s'agit d'entretenir une culture du bien-être au sein de l'équipe, où il est possible de dire « je suis fatigué » sans que cela soit perçu comme une faiblesse ou un aveu d'incompétence.

Le professionnel de santé qui se sent soutenu peut retrouver son élan. Il peut, à son tour, être pleinement présent pour les personnes qu'il accompagne. C'est un cercle vertueux qui commence par l'attention portée à l'autre — une attention incarnée, concrète, sans performance ni attente de résultat immédiat.

Si vous sentez que quelque chose a changé chez un proche confrère, n'attendez pas que la situation se dégrade. L'écoute, la présence et la bienveillance sont déjà des soins en soi.