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Impact des incendies en Gironde : protéger sa santé respiratoire et mentale

Selon le dernier bulletin de surveillance sanitaire de Santé publique France, relayé par La Dépêche et Sud Ouest, les incendies survenus en Gironde et dans les Landes ont coïncidé avec une hausse des recours aux soins pour asthme, angoisse et état dépressif.

Mathis Vigneau, Expert en physiologie du stress et biofeedback · mis à jour 08 août 2026

Impact des incendies en Gironde : protéger sa santé respiratoire et mentale

Les feux, déclarés les 22 et 23 juillet 2026, sont désormais fixés, mais leurs effets sanitaires immédiats restent visibles. Pour le corps comme pour le système nerveux, l’exposition ne s’arrête pas nécessairement avec les flammes: fumées persistantes, évacuation, perte de logement, fatigue et sommeil perturbé constituent un ensemble de facteurs de tension.

Des particules qui pénètrent profondément dans les voies respiratoires

Les fumées d’incendie contiennent plusieurs agents physiques et chimiques. Le bulletin cite notamment les particules fines, le monoxyde de carbone, les oxydes d’azote, le dioxyde de soufre ainsi que des composés organiques volatils et semi-volatils.

Les particules d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres sont particulièrement surveillées. Leur taille leur permet de pénétrer profondément dans les voies respiratoires. Dans les données recueillies entre le 23 juillet et le 2 août, les recours pour asthme ont été plus nombreux qu’au cours de la période de référence.

Quelques éléments ressortent:

  • une hausse de l’activité pour asthme a été observée du 14 au 26 juillet;
  • cette activité s’est stabilisée du 27 juillet au 2 août;
  • les 15-44 ans représentaient 35,3 % des passages pour asthme, contre 22,2 % entre le 1er juin et le 2 août;
  • à Bordeaux, cette classe d’âge comptait pour 57,1 % des actes de SOS Médecins, contre 34,9 % sur la période de comparaison.

Ces chiffres décrivent des recours aux urgences et auprès de SOS Médecins. Ils ne couvrent pas la médecine libérale. Ils indiquent donc un impact sanitaire immédiat, sans fournir une mesure exhaustive de l’ensemble des troubles respiratoires dans la population.

L’angoisse augmente pendant les deux semaines de surveillance

L’effet psychologique apparaît dans le même bulletin. Une hausse des actes pour angoisse a été observée pendant les deux semaines de surveillance, à un niveau supérieur à celui constaté sur la même période en 2024 et 2025.

Entre le 23 juillet et le 2 août, les adultes de 15 à 44 ans représentaient 53,9 % des actes pour angoisse. Les 45-64 ans comptaient pour 30,3 %, et les personnes de 65 ans et plus pour 15 %.

Le contexte rapporté par Santé publique France est concret:

  • évacuations;
  • perte du logement;
  • fumées persistantes;
  • inquiétude pour les proches;
  • fatigue;
  • perturbation du sommeil.

Ces éléments peuvent provoquer une détresse psychologique importante, y compris chez des personnes sans antécédent connu. Le signal est donc à considérer comme une réaction possible à une situation aiguë, et non comme une faiblesse individuelle.

Une hausse des recours pour état dépressif a également été observée auprès de SOS Médecins. Son interprétation reste toutefois incertaine: les actes peuvent correspondre à des patients déjà suivis, notamment pour un renouvellement d’ordonnance, ou à une augmentation réelle des épisodes dépressifs. Les 15-44 ans représentaient 65,4 % des actes concernés.

Ce que les données permettent — et ne permettent pas — de conclure

Le bulletin mesure des recours aux soins sur une période courte. Il documente une simultanéité entre les incendies, la dégradation de la qualité de l’air et l’augmentation de certains motifs de consultation. Il ne permet pas encore d’établir l’évolution à plus long terme de la santé respiratoire ou mentale.

Pour suivre la situation, trois indicateurs sont particulièrement importants:

1. La respiration: l’évolution des recours pour asthme et des consultations liées aux fumées.

2. L’état d’alerte: la persistance de l’angoisse au-delà de la phase immédiate des évacuations et des fumées.

3. Le sommeil et l’humeur: leur perturbation, déjà signalée dans le contexte des incendies, ainsi que l’évolution des actes pour état dépressif.

Le corps enregistre ici deux contraintes simultanées: une exposition respiratoire à des polluants et une charge psychologique liée à la menace, aux déplacements et à l’incertitude. Les données disponibles confirment un effet immédiat sur les soins pour asthme et angoisse. Elles invitent à surveiller séparément la respiration, le sommeil et l’humeur, sans confondre signal épidémiologique et diagnostic individuel.