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Préserver sa santé mentale quand on accompagne un proche dépendant

Selon les chiffres relayés par Le Figaro Santé, environ 15 millions de Français accompagnent au quotidien un proche devenu dépendant — soit une personne sur cinq.

Préserver sa santé mentale quand on accompagne un proche dépendant

Le quotidien publie un entretien avec le Dr Romain Rey, psychiatre à l'hôpital le Vinatier de Lyon, qui détaille, avec le Pr Nicolas Franck, cinq leviers pour préserver la santé mentale des aidants dans leur ouvrage Aidants et fiers de l'être (Odile Jacob, mars 2026). Un repère utile à l'heure où un actif sur quatre pourrait être concerné d'ici 2030.

Quand l'aide épuise le système nerveux

Le corps de l'aidant fonctionne en activation permanente. L'axe du stress reste sollicité sans pause: le cortisol reste élevé, le sommeil se fragmente, le système parasympathique perd sa capacité de récupération. Dr Rey identifie un tableau clinique précis: fatigue, anxiété, culpabilité, isolement, jusqu'au « burn-out de l'aidant ». Cette pathologie touche majoritairement des femmes (60 %) autour de 55 ans. L'usure est physiologique, pas simplement psychologique.

Les paramètres physiologiques à surveiller

Au-delà des conseils délivrés dans l'entretien, cinq mesures objectives permettent de quantifier la charge supportée et d'agir avant le seuil d'épuisement:

  • Cortisol salivaire: doser matin et soir pour objectiver la pente de récupération. Une courbe inversée signe l'épuisement surrénalien.
  • Variabilité cardiaque: la cohérence cardiaque à 6 respirations par minute, pratiquée 5 minutes trois fois par jour, restaure le tonus vagal et active le système parasympathique.
  • Sommeil profond: protéger 7 heures continues. Le manque altère le cortex préfrontal et amplifie la sensibilité émotionnelle.
  • Réseau social: un contact hebdomadaire avec un tiers — association, proche ou professionnel — réduit l'isolement et l'inflammation chronique associée.
  • Bilan sanguin annuel: TSH, ferritine, vitamine D, CRP pour objectiver l'état inflammatoire et thyroïdien.

Bénéfices d'une prise en charge précoce

Réduire la charge allostatique — l'usure cumulée sur les tissus — diminue l'inflammation de bas grade, améliore la mémoire de travail et stabilise l'humeur. Le message de Dr Rey est clair: préserver sa santé mentale n'est pas un luxe d'aidant, c'est la condition pour aider sur la durée.