Santé mentale au lycée Margueritte : l'interdiction des écrans comme levier de bien-être
Selon L'Est Républicain, le lycée Margueritte de Verdun accueille cette rentrée près de 1 400 élèves dans un cadre profondément modifié: les téléphones portables sont désormais interdits dans tous…

Selon L'Est Républicain, le lycée Margueritte de Verdun accueille cette rentrée près de 1 400 élèves dans un cadre profondément modifié: les téléphones portables sont désormais interdits dans tous les espaces couverts de l'établissement. Préparée dès le mois de juin avec les représentants des élèves et des parents, puis adoptée en conseil d'administration, la règle s'applique sans heurt notable, d'après le proviseur Jean-Christophe Vélin. Cette initiative locale survient alors que la santé mentale des adolescents s'impose comme un sujet chiffré et structurant de la rentrée 2026.
Le coût physiologique de l'hyperconnexion
Les chiffres officiels dressent un constat sans détour:
- 14 % des collégiens présentent un risque important de dépression
- 19 à 20 % des lycéens partagent ce même risque
- Un jeune sur cinq rapporte une souffrance psychique assez forte pour gêner son quotidien
- Le suicide demeure la troisième cause de mortalité chez les 15-29 ans
Le corps traduit ces signaux par des marqueurs précis: élévation chronique du cortisol, perturbation du rythme veille-sommeil, activation prolongée du système sympathique. La suppression des écrans dans les espaces scolaires vise directement à réduire cette charge allostatique.
Verdun: anatomie d'une mesure
Le protocole Margueritte repose sur un principe lisible: le téléphone quitte la main et le regard dans les couloirs, les salles de classe et tout espace couvert. Seuls le foyer des élèves et les extérieurs échappent à la règle. D'après L'Est Républicain, les quelques écarts constatés se règlent par un simple rappel, sans procédure disciplinaire.
Plusieurs leviers expliquent cette acceptation rapide:
- Concertation préalable avec les délégués élèves et les parents
- Vote formel en conseil d'administration
- Communication transparente dès le mois de juin
- Règle uniforme, sans cas particulier
Les bénéfices corporels attendus sont mesurables:
- Réduction de la fatigue oculaire par diminution de la stimulation visuelle
- Baisse de l'exposition aux notifications, facteur d'activation sympathique
- Récupération de fenêtres d'attention soutenues, favorables à la consolidation mnésique
- Retour à un sommeil de meilleure qualité via l'absence d'écran tardif
Pour l'organisme, moins d'écrans, c'est moins de cortisol circulant et un retour mesurable vers l'équilibre parasympathique. Le suivi des indicateurs — attention, variabilité cardiaque, qualité du sommeil — permettra d'objectiver l'efficacité du dispositif.
Ce qu'il faut surveiller dans la région
D'autres initiatives complètent ce mouvement. L'Académie de Reims, en partenariat avec Canopé, organise mardi 15 septembre, de 18 h à 19 h 30, une rencontre avec Grégoire Borst, professeur de psychologie du développement et directeur de laboratoire au CNRS. Intitulée « Santé mentale des jeunes, et si on en parlait vraiment? », la séance se tient au cinéma À l'Affiche; l'inscription, gratuite, se fait via la plateforme Framaforms.
Le sujet s'élargit à d'autres territoires: Actu.fr signale une rencontre sur la santé mentale près de Chartres, tandis que Ouest-France rapporte à Quimper une mobilisation des soignants autour de l'autonomie de leur exercice. La rentrée 2026 fait de la santé psychique un axe structurant, à suivre au plus près de chaque bassin de population.
