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Thérapies psychédéliques : le projet MONRA décrypte les mécanismes de la neuroplasticité

C'est sur ce constat clinique documenté que l'Arizona State University déploie, selon ASU News, le projet MONRA — Multi-Omic Neuroplastogen Response Atlas — financé à hauteur de 4 millions de dollars…

Mathis Vigneau, Expert en physiologie du stress et biofeedback · mis à jour 23 août 2026

Thérapies psychédéliques : le projet MONRA décrypte les mécanismes de la neuroplasticité

Environ 30 % des personnes diagnostiquées dépressives ne répondent ni aux antidépresseurs de première intention ni à la psychothérapie standardisée. Pour l'état de stress post-traumatique, ce taux atteint 40 à 50 % selon l'approche utilisée. C'est sur ce constat clinique documenté que l'Arizona State University déploie, selon ASU News, le projet MONRA — Multi-Omic Neuroplastogen Response Atlas — financé à hauteur de 4 millions de dollars par l'Advanced Research Projects Agency for Health (ARPA-H).

Les variables que le protocole cherche à isoler

Dirigé par Candace Lewis, professeure adjointe en sciences de la vie et en psychologie, MONRA croise des données biologiques et comportementales issues de plusieurs essais cliniques portant sur la dépression et le PTSD. Les molécules étudiées — psilocybine, LSD, MDMA, kétamine — sont regroupées sous le terme de psychoplastogènes. Leur point commun n'est pas l'effet psychotrope mais la capacité à induire une modification structurelle des neurones et des synapses, autrement dit une neuroplasticité accrue.

Le programme vise à construire des modèles prédictifs capables d'identifier trois paramètres:

  • les profils de patients les plus susceptibles de répondre au traitement;
  • les sujets à risque d'effet indésirable;
  • la durée de l'effet clinique après une séance unique.

L'équipe associe neurosciences, psychiatrie, ingénierie, intelligence artificielle et génomique, sous la co-direction du Dr Holly Lisanby, doyenne fondatrice de la John Shufeldt School of Medicine and Medical Engineering. L'enjeu dépasse la seule efficacité: comprendre pourquoi le corps répond dans un cas et résiste dans un autre.

Ce que le lecteur peut objectiver en attendant

Sans disposer encore de ces modèles prédictifs, on peut déjà suivre trois indicateurs physiologiques simples avant toute démarche de soin intensive:

  • fréquence cardiaque au repos, notée chaque matin au réveil pendant sept jours;
  • variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), reflet direct du tonus parasympathique;
  • score de récupération subjective sur une échelle de 0 à 10, consigné après chaque séance de respiration lente ou de travail corporel.

Une VFC abaissée couplée à une fréquence cardiaque élevée traduit une bascule sympathique persistante — exactement le terrain que les psychoplastogènes chercheraient à débloquer. La mise en place d'un protocole de régulation autonome (cohérence cardiaque à 5-6 cycles par minute, respiration diaphragmatique, exposition progressive) devient alors un prérequis mesurable avant toute approche assistée par un tiers.

Bénéfices physiologiques attendus

L'objectif documenté est triple: restaurer la capacité du système nerveux à basculer du mode sympathique vers le parasympathique, augmenter la densité synaptique dans les circuits de la mémoire émotionnelle et réduire la charge cortisolique chronique. Pour le praticien comme pour le patient, cela se traduit concrètement par une baisse mesurable de la fréquence cardiaque de repos, une amélioration du sommeil profond et une récupération plus rapide après un stress aigu. La neuroplasticité ne se devine pas: elle s'enregistre, se quantifie et se suit dans le temps.