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Santé mentale : comment une équipe mobile réduit l'épuisement des soignants

Selon La Télé, le levier identifié par l'institution est une permanence infirmière mobile (PIM) qui absorbe les pics de charge aiguë — un dispositif dont la logique opérationnelle recoupe, point par…

Mathis Vigneau, Expert en physiologie du stress et biofeedback · mis à jour 25 août 2026

Santé mentale : comment une équipe mobile réduit l'épuisement des soignants

Le Réseau fribourgeois de santé mentale (RFSM) observe, après un an de fonctionnement, une baisse mesurable de l'absentéisme de son personnel soignant. Selon La Télé, le levier identifié par l'institution est une permanence infirmière mobile (PIM) qui absorbe les pics de charge aiguë — un dispositif dont la logique opérationnelle recoupe, point par point, les principes de la régulation physiologique du stress.

Quand la surcharge chronique dépasse la capacité d'absorption

Les unités de soins hospitaliers fonctionnent, sur le plan biologique, comme des environnements à forte densité de stresseurs. Un taux d'occupation de 109 %, comme celui relevé un vendredi dans l'unité d'addictologie du RFSM, signifie deux patients au-delà de la capacité d'absorption prévue par l'effectif. Sur l'année 2025, le service dépassait déjà 104 %, avec parfois plus de cinq mouvements de patients par jour. Pour le corps des soignants, ce type de surcharge prolongée déclenche une activation sympathique persistante: sécrétion chronique de cortisol, raccourcissement du sommeil paradoxal, effondrement de la variabilité cardiaque. Maintenu plusieurs semaines, ce profil précède l'épuisement professionnel et la désorganisation du tonus parasympathique.

La PIM comme modulateur de charge allostatique

La permanence infirmière mobile mutualise cinq équivalents plein temps entre les unités du réseau. Chaque matin, les infirmiers-chefs évaluent la pression réelle avant d'allouer les renforts aux services les plus saturés. Houda Al Saaba, ancienne infirmière d'unité fixe, a rejoint la PIM il y a six mois; elle est désormais affectée chaque jour à des équipes différentes. Malgré cette mobilité, les patients reconnaissent les soignants, ce qui, selon le reportage, maintient la continuité du lien thérapeutique.

L'objectif affiché par l'hôpital est de réduire ponctuellement la pression et le stress des équipes. En termes physiologiques, cela revient à abaisser les marqueurs sympathiques et à restaurer le tonus vagal.

Mécanismes opérationnels du dispositif:

  • une redistribution des ressources humaines calquée sur la charge réelle, et non sur des effectifs figés;
  • une réponse rapide aux absences de courte durée, premier facteur d'emballement des équipes restantes;
  • une mobilité interne qui préserve la reconnaissance par les patients et la stabilité relationnelle du soin.

Le parallèle avec la régulation individuelle

Le parallèle avec la physiologie du stress individuel est direct. Un organisme exposé à un stresseur ponctuel — surcharge cognitive, dette de sommeil, pic émotionnel — récupère d'autant mieux qu'on retire le facteur surcharge avant qu'il ne devienne chronique. Le corps applique ici la même logique que la PIM: mutualiser la ressource là où elle fait défaut, et non là où elle est déjà suffisante. Les protocoles de biofeedback reposent exactement sur ce principe d'ajustement en temps réel des paramètres physiologiques.

Bénéfices physiologiques attendus d'une telle régulation:

  • baisse de la sécrétion basale de cortisol;
  • restauration de la variabilité de la fréquence cardiaque;
  • récupération du sommeil profond et réduction de l'hypervigilance sympathique;
  • diminution de l'inflammation de bas grade entretenue par le stress chronique.

Une permanence similaire doit être introduite à l'Hôpital intercantonal de la Broye dès cet été, selon La Télé — un indicateur à suivre pour évaluer la reproductibilité du modèle sur d'autres structures de soins.