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Santé mentale des soignants : les nouvelles recommandations de l'OMS pour prévenir l'épuisement

L'Organisation mondiale de la Santé vient de publier de nouvelles recommandations visant à protéger la santé mentale des professionnels de santé.

Santé mentale des soignants : les nouvelles recommandations de l'OMS pour prévenir l'épuisement

Ces directives, centrées sur des changements organisationnels et le soutien par les pairs, entendent fournir un cadre concret pour prévenir l'épuisement professionnel, un fléau dont les répercussions physiologiques — hyperactivation du système nerveux sympathique, sécrétion chronique de cortisol — sont aujourd'hui bien documentées.

Un cadre pour décharger le système nerveux

La recommandation clé de l'OMS passe par une restructuration de l'environnement de travail. Concrètement, il s'agit de réduire les facteurs de stress chroniques qui maintiennent le corps dans un état d'alerte physiologique permanent. Des mesures comme l'optimisation des effectifs, la rationalisation des tâches administratives ou l'instauration de pauses régulières ne sont pas des « avantages », mais des nécessités biologiques. Elles visent à permettre au système parasympathique — celui du repos et de la récupération — de se réactiver. Pour le corps, une charge de travail ingérable est la première condition d'un retour à l'homéostasie.

Le soutien par les pairs comme régulateur physiologique

L'autre axe majeur est la formalisation du soutien par les pairs. D'un point de vue physiologique, l'isolement face au stress prolonge la réponse inflammatoire et altère les capacités de régulation émotionnelle, processus neurobiologiques. Créer des espaces d'échange structurés entre collègues agit comme un mécanisme de co-régulation. Verbaliser une situation stressante dans un cadre sécurisé aide à moduler l'activité de l'amygdale et à réactiver les fonctions préfrontales, essentielles à la prise de décision claire et au sentiment d'auto-efficacité. C'est une stratégie de régulation somatique par le lien social.

Intégrer la notion de « juste mesure »

À la lumière de ces directives, le concept suédois de lagom — la juste mesure — trouve une résonance particulière. Il ne s'agit pas d'une philosophie vague, mais d'un principe d'ajustement concret. Appliqué au milieu professionnel, cela se traduit par le respect strict des horaires, la réduction des réunions superflues et l'acceptation d'un résultat « suffisamment bon » plutôt que la poursuite d'une perfection paralysante. Pour le système nerveux, éviter le surmenage revient à maintenir une activation physiologique dans une zone de tolérance, évitant le basculement dans un état de stress chronique avec ses conséquences sur les fascias, la digestion et le sommeil.

En résumé, ces nouvelles directives de l'OMS offrent un levier d'action concret et physiologiquement fondé. En s'attaquant aux causes organisationnelles du stress, plutôt qu'en demandant aux individus de développer une « résilience » supplémentaire, elles visent à préserver le capital santé somatique des soignants. Un corps moins en alerte est un esprit plus clair, et une meilleure qualité de soin.